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Le Louvre, changement de direction

Laurence des Cars qui dirigeait le Musée d’Orsay depuis quatre ans a été nommée par le chef de l’Etat à la présidence du Louvre. Elle devient ainsi la première femme à accéder à cette haute fonction depuis la création du musée. Laurence des Cars a d’ores-et-déjà annoncé la création d’un neuvième département consacré à Byzance et aux chrétiens d’Orient.

La nouvelle de sa nomination lui a été annoncée par la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot. « C’était un moment d’émotion de joie, je n’oublierai jamais cet appel » se souvient sur les ondes de France Inter la future présidente du Louvre ajoutant que « son coeur a battu beaucoup plus fort » lorsqu’elle a décroché son téléphone. Elle prendra ses fonctions le 1er septembre. Agée de 54 ans, elle succède à Jean-Luc Martinez, 57 ans, qui briguait un troisième mandat et assurait l’intérim depuis le 13 avril. Il a été nommé par Emmanuel Macron premier ambassadeur pour la coopération internationale dans le domaine du patrimoine. Il sera chargé de la poursuite de la politique des restitutions et de la lutte contre le trafic international d’oeuvres d’art.

Conservatrice générale du patrimoine, spécialiste de l’art du XIXème siècle et du début du XXème siècle, Laurence des Cars a commencé sa carrière au Musée d’Orsay avant d’en devenir la présidente en mars 2017. Depuis 2017, Laurence des Cars a profondément renouvelé et dynamisé les musées d’Orsay et de l’Orangerie. Autour de ces deux collections, les plus importantes au monde consacrées à l’impressionnisme et au post-impressionnisme, Laurence des Cars a notamment déployé une programmation d’expositions, de spectacles vivants et une nouvelle présentation des oeuvres résolument tournées vers tous les publics et ouverte aux artistes d’aujourd’hui. Comme Directrice scientifique de l’Agence France-muséums, elle a aussi œuvré au développement du Louvre Abu Dhabi de 2007 à 2014. En mars 2019, Laurence des Cars s’était attelée à un vaste projet de transformation de l’établissement public : « Orsay Grand Ouvert » qui a pour ambition de redonner le plus d’espace possible au public et aux collections au sein de l’ancienne gare, afin d’améliorer l’accueil et l’expérience de visite, ainsi que la présentation des collections.

A la tête du Louvre, elle devra imprimer sa marque après Jean-Luc Martinez qui avait modernisé le musée. Il avait notamment multiplié les prêts et dépôts en Province et avait inauguré en 2019 un centre ultra-moderne de conservation des réserves, à Liévin, non loin du Louvre-Lens. Il a aussi développé les billetteries en ligne, créé des nocturnes ou lancé des travaux d’agrandissement du musée et des travaux d’embellissement des jardins.

Laurence des Cars reprend le Louvre à la sortie de la pandémie qui a contraint le musée à fermer de longs mois. En 2019, le musée accueillait plus de 7 millions de visiteurs dont 71 % d’étrangers. Elle entend alors faire du plus grand musée du monde « une chambre d’écho de la société ». Elle veut aussi « réfléchir à la manière dont le Louvre peut être pleinement contemporain ». « Le Louvre a beaucoup de choses à dire à la jeunesse ; elle sera au cœur de mes préoccupations en tant que présidente » a-t-elle prévenu. Elle souhaite par exemple « réfléchir aux horaires d’ouverture » car il faut « être ouvert un peu plus tard dans la journée, si vous voulez que les jeunes actifs viennent ».

Laurence des Cars a également annoncé la création d’un neuvième département consacré à Byzance et aux chrétiens d’Orient. Un projet qui est dans les cartons depuis une vingtaine d’années et qui n’a jamais vu le jour. Pourtant, le Louvre possède « des pièces remarquables, des mosaïques paléochrétiennes aux œuvres d’art et manuscrits produits à Constantinople, puis à l’époque médiévale en Syrie, en Égypte, sans oublier les icônes… Mais ces œuvres étaient à la fois dispersées dans les différents départements, et parfois noyées, au point de devenir des objets de collection quelque peu fantômes » raconte à La Croix, Raphaëlle Ziadé, spécialiste du christianisme oriental et responsable du Département byzantin du Petit Palais. « Dans notre époque complexe, où nous avons « besoin de temps long » pour appréhender le présent, ce nouveau département aux côtés de ceux des Antiquités égyptiennes, des Arts de l’Islam, et des Antiquités orientales permettra de mieux comprendre et de découvrir la richesse artistique de ces civilisations orientales » s’est félicitée l’Oeuvre d’Orient, qui, depuis plus de 160 ans est engagée auprès des chrétiens d’Orient dans 23 pays au Moyen-Orient, dans la Corne de l’Afrique, en Europe Orientale et en Inde. 

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