Paris, Pise, Florence et Sienne, la simple évocation de ces villes suffit déjà à nous faire rêver. Grâce aux prêts exceptionnels d’une vingtaine de prestigieux musées européens, l’exposition « D’or et d’ivoire » met en lumière les relations entre ces grands foyers de création artistique que sont à l’époque Paris, Pise, Florence et Sienne.
Statuaire monumentale, peintures à fond d’or mais aussi manuscrits enluminés, émaux et ivoires précieux : plus de 125 oeuvres d’un grand raffinement sont ainsi exposées au Louvre Lens. « Elles révèlent en particulier l’influence exercée par les représentants parisiens du gothique rayonnant sur les sculpteurs et peintres toscans de la fin du 13e siècle, dans une aire culturelle qui deviendra le berceau de la Première Renaissance » expliquent Xavier Dectot et Marie-Lys Marguerite, les conservateurs. La période concernée par l’exposition, bien que relativement courte (1250-1320) est marquée par des évolutions décisives en Europe, tant sur le plan politique, économique et social qu’intellectuel et artistique. « Le renouveau de la pensée modifie la compréhension du monde, et donc les manières de le représenter. Parallèlement, les arts connaissent d’importantes innovations technologiques et l’émergence de très grandes personnalités. Progressivement, les créateurs ne sont plus simplement considérés comme des artisans au service de l’Église mais comme des artistes oeuvrant pour la société » poursuivent les conservateurs.
Avec ses grands chantiers architecturaux (Sainte-Chapelle, chapelle de la Vierge de Saint-Germain-des-Prés, transept de Notre-Dame) et la stabilisation de la cour au Palais de la Cité, Paris devient la « capitale du luxe ». S’y développe en effet une abondante production d’objets précieux (manuscrits enluminés, ivoires, orfèvrerie), soutenue par la multiplication des commandes artistiques de la part des dignitaires. Paris est alors le coeur de ce que l’on nomme aujourd’hui le gothique rayonnant.
De l’autre côté des Alpes, à partir des années 1260, l’art toscan porte en germe le style de la Première Renaissance. Dans la lignée d’artistes tels que Cimabue et Nicola Pisano, peintres et sculpteurs s’écartent des traditions byzantinisantes au profit d’un nouveau langage, caractérisé par un renouveau du regard sur l’Antiquité et une prise en considération de la Nature.
« L’histoire de l’art a souvent souligné combien l’art gothique a pu évoluer au contact de l’art de la Première Renaissance » expliquent encore les conservateurs. Et tout cela est à voir dans cette très belle exposition.
D’or et d’ivoire - Paris, Pise, Florence, Sienne. 1250-1320
Exposition jusqu’au 28 septembre 2015
En savoir plus : www.louvrelens.fr