Dans un contexte sécuritaire difficile et au lendemain du sommet de l’OTAN, le texte a été adopté par le Sénat par 313 voix pour et 17 contre. Les sénateurs du groupe CRCE ont voté contre. Les écologistes se sont majoritairement abstenus. « Cette LPM est marquée par une remontée très conséquente des crédits » s’est félicité le rapporteur de la loi au Sénat, Christian Cambon (LR). A l’énoncé du scrutin, le ministre des armées, Sébastien Lecornu a pour sa part tenu à insister sur le fait que « ce vote ne doit pas acter la fin des débats sur ces sujets militaires ». Il a également prôné le besoin d’un « débat national, peut-être même populaire ». Le 12 juillet l’Assemblée avait adopté le texte grâce aux voix de la majorité présidentielle, des députés du groupe Liot, des LR, du RN et du PS.
Ce budget de 413,3 milliards d’euros sur sept ans (dont 13,3 milliards d’euros provenant de ressources extrabudgétaires) doit être cependant validé chaque année. Mais si la trajectoire est respectée, elle représente une hausse de 40 % par rapport à la précédente LPM (2019-2025). Les oppositions ont fait remarquer que les dépenses les plus importantes ne devaient intervenir fort opportunément qu’après le quinquennat d’Emmanuel Macron. En commission mixte paritaire, il a finalement été acté le déblocage de 2,3 milliards d’euros d’ici 2027. Une enveloppe budgétaire qui devrait être essentiellement consacrée à l’entraînement des forces.
Fort du RETEX de la guerre en Ukraine, la LPM consacre 16 milliards d’euros pour les munitions et 5 milliards pour la défense sol-air. Mais contrairement à ce qui avait été annoncé dans la précédente LPM, des reports de matériels sont à prévoir qui se traduiront pour les armées à moins de blindés, de Rafale ou de frégates. Côté modernisation, la LPM prévoit 10 milliards d’euros pour l’innovation, 6 milliards pour l’espace, 5 milliards pour les drones et 4 milliards pour le cyber et le numérique.
Enfin, pour ce qui est des effectifs, le gouvernement table sur 275 000 équivalents temps plein militaires et civils en 2030 (hors réservistes). Mais, en « fonction de la réalité du marché du travail », le ministère pourra flécher des crédits « recrutement » vers la fidélisation des troupes (primes, avantages, etc.). ■