Dans son rapport 2023 sur le pétrole publié en juin dernier, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que la consommation de pétrole ne va pas cesser d’augmenter ces prochaines années avec une demande globale de pétrole qui connaîtra son point culminant « avant la fin de la décennie ». Mais, cette demande « devrait significativement ralentir d’ici 2028 » se félicite Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, dans un communiqué. Des prévisions plus optimistes que son rapport de 2022 le laissait entendre parlant seulement de 2035.
Toujours selon ce rapport, « l’utilisation du pétrole comme carburant de transport devrait décliner » après 2026. Cependant, la demande restera forte en ce qui concerne les produits pétrochimiques « en plein essor ». Il faudra aussi compter avec une demande en très forte hausse dans les pays émergents qui « compensera largement » la contraction de la demande dans les économies avancées note l’AIE. La Chine est fortement consommatrice : elle est premier importateur mondial d’or noir et deuxième plus gros consommateur derrière les Etats-Unis. En avril dernier sa demande pétrolière a frisé les 16,3 Mb/j. Elle est talonnée par l’Inde avec 5,5 Mb/j attendus pour 2023.
L’Agence estime encore que les tensions internationales et la hausse des prix de l’énergie incitent les pays à accélérer dans « la transition vers des technologies énergétiques plus propres ».
« Sur la base des politiques gouvernementales actuelles et des tendances du marché, la demande mondiale de pétrole augmentera de 6 % entre 2022 et 2028 pour atteindre 105,7 millions barils par jour (mb/j) - soutenus par une forte demande des secteurs de la pétrochimie et de l’aviation » pense l’AIE.
En attendant, pour 2023, les experts de l’Agence estiment que la demande mondiale de pétrole pour atteindre 102,3 millions de barils par jour (Mb/j) en moyenne, ce qui est au-dessus de l’année 2019 avec 100 Mb/j quotidiens. En 2020, la pandémie avait fait tomber la demande mondiale 91,7 Mb/j, 97,5 Mb/j en 2021 et 99,8 Mb/j en 2022.
La courbe haussière dénoncée par les ONG environnementales est une invitation, jugent-elles, à poursuivre les investissements dans les énergies fossiles comme le font les industries pétrogazières. On estime les investissements du secteur à 528 milliards de dollars (484 milliards d’euros) pour l’exploration et de la production en 2023 (+11 % par rapport à 2022, montant le plus élevé depuis 2015). Pour autant, les investissements dans les énergies propres ne sont pas en reste : grace à la Chine, les dépenses mondiales dans le solaire (380 milliards de dollars) seront, cette année, plus élevées que la production pétrolière. ■