Selon les dernières données de la Direction générale des Finances publiques*, en 2023, près de 176 000 foyers ont été soumis à l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) qui est venu remplacer l’ISF. Pour l’administration fiscale le montant total d’imposition a été de 1,9 Mde, en hausse de 6 % par rapport à 2022. Le montant d’IFI moyen payé par les foyers imposables s’élève à près de 11 100 e en 2023 contre 11 200 e en 2022, soit une baisse de 1,1 %. Le patrimoine immobilier soumis à cette imposition s’élève à près de 434 Mde en 2023 indique la DGFIP. Il a progressé de 7,1 % par rapport à 2022, en raison surtout de l’augmentation de 7 % du nombre de foyers imposables (le patrimoine moyen par foyer restant stable) souligne Bercy qui ajoute que « les dons renseignés dans les déclarations au titre de l’IFI, qui peuvent sous conditions entraîner des réductions d’IFI, ont quant à eux augmenté de 8 % ». Sur les 175 980 foyers imposables à l’IFI, près de trois quarts ont un patrimoine immobilier imposable compris entre 1,3 et 2,5 Me. Mais cette catégorie ne représente que 34,4 % des recettes d’IFI, avec 5 212 e d’impôt dû en moyenne par foyer. Plus de deux foyers à l’IFI sur dix se situent dans les tranches comprises entre 2,5 millions et 5 Me, et représentent un tiers des recettes de l’IFI. Leur montant moyen d’IFI payé s’élève à 16 900 e. Le reste des foyers (environ 5 % du total) disposent d’un patrimoine immobilier imposable supérieur à 5 Me, et représentent 32,4 % des recettes d’IFI. Plus en détail, 4,2 % ont un patrimoine immobilier déclaré compris entre 5 et 10 Me avec un IFI moyen de 48 700 e, et 1 % ont un patrimoine supérieur à 10 Me. Pour ces derniers, le montant moyen d’IFI s’élève à 151 000 e en 2023 (contre 160 000 e en 2022). Comme pour l’impôt sur la fortune, ils sont peu nombreux à payer beaucoup.
Entre 2022 et 2023, ce sont les assiettes des tranches médianes du barème qui ont crû le plus. La catégorie de foyers dont le patrimoine imposable à l’IFI est compris entre 2,5 et 5,0 Me représente un patrimoine immobilier total de 126,1 Me en 2023, en hausse de 8,6 % sur un an. Celles comprise entre 5 et 10 Me et entre 1,3 et 2,5 Me sont un peu moins dynamiques (+ 7,3 % et + 7,1 % respectivement). « Ces évolutions sont portées par la hausse du nombre de foyers déclarant des patrimoines dans ces trois catégories, le patrimoine moyen par foyer restant stable » précise la DGFIP.
A noter encore que la résidence principale occupe une part plus faible des gros patrimoines immobiliers. Plus un foyer imposé à l’IFI a un patrimoine immobilier important, moins sa résidence principale, après l’abattement fiscal de 30 %, constitue une part prépondérante de celui-ci. « Ainsi, en 2023, la valeur brute de la résidence principale (après abattement) est estimée en moyenne à 550 000 e pour les foyers dont le patrimoine immobilier imposable est compris entre 1,3 et 2,5 Me, ce montant étant de 1,4 Me pour les foyers dont le patrimoine est supérieur à 10 Me » lit-on dans la note.
L’administration fiscale a également constaté une hausse des dons à des organismes d’intérêt général (plus de 7,8 % sur un an) par 33 400 foyers soumis à l’IFI. Des dons qui, rappelle la DGFIP, donnent droit, sous conditions, à des réductions d’IFI. Ainsi, le montant total de dons s’est élevé en 2023 à 208 Me déclarés pour l’IFI. Il représente près de 6 200 e en moyenne par foyer donateur. Cette hausse s’explique par la hausse sur un an de 6,6 % du nombre de donateurs et celle de 1,1 % du montant du don moyen. Ainsi, « les foyers dont le patrimoine est situé entre 1,3 et 2,5 Me ont en moyenne déclaré des dons de 3 400 e, tandis que ceux dont le patrimoine est supérieur à 10 Me ont donné en moyenne un peu plus de 33 000 e ».
Dans le détail, on constate que les foyers imposés sont âgés, et se concentrent en Île-de-France, dans les régions touristiques et les métropoles. Ainsi, « les foyers à l’IFI sont plus âgés que ceux déclarant à l’IR seul » déclare la DGFIP. « L’âge moyen du premier déclarant du foyer fiscal est de 70 ans, tandis qu’il est de 53 ans pour le premier déclarant des foyers fiscaux imposables à l’IR non soumis à l’IFI ». Près de 70 % des premiers déclarants des foyers à l’IFI sont âgés de plus de 65 ans, et 36 % de plus de 75 ans. La large tranche comprise entre 45 et 64 ans ne compte que 30 % des foyers soumis à l’IFI. Seuls 2,5 % de ces foyers ont un premier déclarant âgé de 44 ans ou moins.
Enfin, c’est à Paris que l’on trouve la plus grande concentration de foyers soumis à l’IFI avec 43 000 déclarants (25 % des déclarants à l’IFI), puis les Hauts-de-Seine et les Yvelines avec respectivement 16 000 (9 % des foyers à l’IFI) et 8 200 foyers (5 %). En quatrième position, ce sont 7 500 foyers résidant à l’étranger qui représentent 4 % des foyers à l’IFI. Suivent ensuite seize départements situés sur les littoraux atlantique et méditerranéen et dans le massif alpin qui se distinguent avec une proportion de foyers à l’IFI compris 0,3 et 1 %. ■
*DGFIP statistiques n°23 – avril 2024.
L’IFI concerne les foyers déclarant posséder des biens immobiliers sur le territoire français, qu’ils y résident ou non, d’une valeur imposable totale supérieure à 1,3 Me. Ce patrimoine immobilier imposable s’entend après déduction des dettes afférentes et d’un abattement de 30 % sur la valeur de la résidence principale.