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Une vaccination en hausse mais pas suffisante estime Santé Publique France

Selon les données de Santé Publique France, si la couverture vaccinale des Français est en hausse en 2023 par rapport à 2022, elle « doit encore s’améliorer pour lutter contre certaines infections ».

Chez les nourrissons, « l’augmentation du recours à la vaccination se poursuit » se félicite SPF qui note notamment « des progressions importantes de couverture vaccinale pour des vaccinations nouvellement recommandées » comme contre le rotavirus (un des virus responsables de la gastro-entérite). Pour les vaccinations obligatoires du nourrisson, les couvertures vaccinales sont « globalement élevées » mais elles progressent « peu » pour les vaccins contre la rougeole, les oreillons et la rubéole « et sont toujours inférieures à l’objectif de couverture vaccinale de 95 % à atteindre en vue de l’élimination de la rougeole ».

Chez les adolescents, en 2023, la couverture vaccinale contre le méningocoque C est estimée à 48 % chez les jeunes de 15 à 19 ans. Elle est en augmentation de 4,2 points par rapport à l’année précédente (43,8 %).

Et chez les adultes, la vaccination antigrippale est en diminution déplore SPF : elle s’élève à 54 % chez les 65 ans et plus lors de la saison 2023-2024, soit une baisse de 2,2 points par rapport à la saison précédente. Elle atteint seulement 25 % chez les moins de 65 ans à risque de forme grave de grippe, soit une baisse de 6,2 points par rapport à 2022-2023. Par ailleurs, la couverture vaccinale contre la Covid-19 est de 30 % chez les 65 ans et plus. « Les couvertures vaccinales contre la grippe et la Covid-19 restent ainsi insuffisantes chez les personnes présentant des facteurs de risque » conclut Santé Publique France.

Les chiffres de SPF montrent également une stabilisation de l’adhésion à la vaccination à un niveau élevé : 84 % des personnes interrogées en France hexagonale déclarent être favorables à la vaccination en général. Toutefois, reconnaît Santé Publique France, « l’adhésion vaccinale reste en revanche moins élevée chez les personnes disposant des diplômes ou des revenus les plus faibles, et a tendance à diminuer chez les personnes âgées, en comparaison aux années précédentes ». La défiance des Français contre les vaccins concerne essentiellement le Covid (29 % des 18-75 ans en métropole y sont défavorables), devant la grippe (6 %), l’hépatite B (4 %), HPV (3 %).

Enfin, face à « la recrudescence de maladies évitables telles que la rougeole » et la venue de millions de visiteurs étrangers lors des Jeux olympiques, « il est particulièrement nécessaire (…) de renforcer le rattrapage vaccinal de tous les enfants, adolescents et jeunes adultes nés après 1980 qui n’auraient pas reçu un schéma complet à deux doses » insiste l’agence. 


154 millions de vies sauvées grâce aux vaccins selon l’OMS
« Les vaccins comptent parmi les inventions les plus puissantes de l’histoire, permettant de prévenir des maladies autrefois redoutées » (Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS). Selon des données de l’Organisation mondiale de la santé rendue publique le 24 avril par la revue scientifique The Lancet, les vaccins ont permis de sauver l’équivalent de six vies chaque minute. Une estimation qualifiée de « prudente » par l’OMS dont l’étude ne porte que sur quatorze maladies, dont la diphtérie, l’hépatite B, la rougeole, la coqueluche, le tétanos ou encore la fièvre jaune. Les chiffres avancés tendent à montrer que la grande majorité des vies sauvées au cours des cinquante dernières années sont celles de nourrissons (101 millions). La vaccination contre ces quatorze maladies a directement contribué à réduire la mortalité infantile de 40 % dans le monde et de plus de 50 % sur le continent africain précise l’OMS. « Grâce à la vaccination, jamais autant d’enfants n’ont pu survivre et se développer au-delà de leur cinquième anniversaire qu’à tout autre moment de l’histoire » s’est félicitée la directrice générale du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), Catherine Russell.
L’OMS souhaite redoubler d’efforts pour que les 67 millions d’enfants qui n’ont pas reçu un ou plusieurs vaccins pendant les années Covid en raison des centres de santé fermés puissent bénéficier d’une injection. L’agence onusienne s’inquiète notamment d’un risque de recrudescence de la rougeole : 33 millions d’enfants n’ont pas reçu au moins une des deux doses de ce vaccin en 2022.


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Pour convaincre, il faut des explications ! - Par Michel Morange, Professeur émérite de biologie et membre associé à l’Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques

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