Qui pour être le quatrième personnage de l’Etat ? Dix jours après le second tour des législatives, le calendrier d’ouverture de la 17ème législature prévoit l’élection du Président de l’Assemblée nationale « au scrutin secret à la tribune » le 18 juillet après-midi. Plusieurs candidats déclarés et/ou pressentis ont faire part de façon plus ou moins directe de leur envie d’accéder au Perchoir.
Yaël Braun-Pivet (Renaissance), la présidente sortante de l’Assemblée nationale élue en 2022 au Perchoir souhaite rempiler sous les couleurs d’Ensemble. Reconnue pour son travail à la présidence du Palaus Bourbon même s’il lui est souvent reproché d’user un peu trop de son pouvoir de sanctions, l’ancienne avocate a toujours déclaré vouloir travailler « avec tous ceux qui veulent avancer avec nous » y compris le Rassemblement national. Selon, le Figaro, il se murmurerait d’ailleurs qu’elle aurait scellé un « accord tacite » avec le parti de Marine Le Pen pour faciliter son élection. Des rumeurs fermement démenties par son entourage.
Mais voilà qu’un nouveau nom est apparu tout récemment, celui de Valérie Létard. Elue députée du Nord sous les couleurs centristes de l’Union des démocrates et indépendants (UDI), cette proche de Jean-Louis Borloo pourrait être un recours pour les Macronistes en cas d’échec de la présidente sortante. Valérie Létard n’a ni confirmé ni démenti la rumeur. Selon les informations du Figaro, cette idée viendrait directement d’Emmanuel Macron.
Autre candidat officiellement déclaré, le député centriste de la Marne Charles de Courson (Ex-Liot). « Dans cette période inédite et chaotique, il est fondamental que le président de l’Assemblée nationale soit le garant de son bon fonctionnement, de la dignité et de la profondeur des débats et qu’il ne soit pas au service de coalitions partisanes, parfois contradictoires et animées par le seul objectif de se distribuer les postes entre eux » a expliqué dans un communiqué celui qui a été élu sans discontinuité depuis 1993. Consensuel, Charles de Courson est apprécié sur tous les bancs de l’Assemblée.
Le vice-président RN de l’Assemblée nationale, Sébastien Chenu entend représenter son camp à cette élection comme il l’avait été en 2022 avant de se retirer après le premier tour. Son retrait et l’abstention des membres du groupe avaient permis l’élection de Yaël Braun-Pivet dès le second tour. Le lendemain, il est élu vice-président de l’Assemblée nationale grâce notamment aux voix de la majorité présidentielle.
Annie Genevard (Droite républicaine, ex-LR) pourrait être candidate au Perchoir. Elle avait déjà postulé en 2022. Très en vue lors de la scission des LR menée par Éric Ciotti, elle a assuré la présidence par intérim des Républicains. Elle a été vice-présidente de l’Assemblée nationale de 2017 à 2022.
Pour Horizon, la vice-présidente de l’assemblée, Naïma Moutchou pourrait être tentée. Elue dans le Val d’Oise grâce au désistement et au soutien du candidat de l’alliance LR-RN, Naïma Moutchou se dit de « centre droit » a quitté LREM pour Horizon en 2021. Sa candidature pourrait faire obstacle à celle de Yaël Braun-Pivet.
A gauche, les candidatures sont aussi nombreuses que les formations politiques membres du Nouveau Front populaire.
Cyrielle Chatelain pourrait candidater au nom des Écologistes. Réélue députée dans l’Isère, elle devrait à nouveau présider le groupe écologiste à l’Assemblée, celui-là même qui a offert l’asile aux « purgés » de LFI. A l’Assemblée, elle est à l’origine de la première motion de censure de la Nupes en 2022. Elle fera surtout adopter la motion de rejet préalable au projet de loi immigration. Un véritable camouflet pour le ministre de l’intérieur qui donnera sa démission, refusée par le président.
Chez les Ecologistes encore, Sandrine Rousseau qui a été réélue au premier tour à Paris « aimerait bien » occuper le perchoir si Cyrielle Chatelain renonçait. L’ancienne enseignante chercheuse en science économiques est connue pour sa verve et la virulence de ses propos.
A gauche, Boris vallaud (PS) pourrait sortir du bois. L’ancien directeur de cabinet d’Arnaud Montebourg et mari de Najat Vallaud-Belkacem a été très actif à l’Assemblée en s’opposant notamment aux réformes de la fonction publique et de l’assurance chômage, ainsi qu’à la ratification du CETA et au texte immigration.
André Chassaigne (PCF) est un nom qui revient souvent lorsque l’on évoque la présidence de l’Assemblée nationale. Figure historique de l’Assemblée, à 74 ans, le député du Puy-de-Dôme est élu depuis 2002. Adhérent du PCF depuis l’âge de 16 ans, André Chassaigne a été professeur de lettres, principal de collège avant d’être maire, conseiller régional puis député. Un député assidu et actif comme l’a reconnu le classement (2012-2017) du magazine Capital. ■