Pour la réaliser, nous avons analysé les données de pollution atmosphérique d’Airparif aux abords de plus d’une centaine de terrains de sport du Grand Paris entre 2012 et 2023, ainsi que les niveaux de pollution en direct en 2024 heure par heure.
Le constat est inquiétant. Malgré une amélioration de la qualité de l’air ces 10 dernières années à Paris, la quasi-totalité des terrains de sport de la métropole étudiés dépassent les seuils de recommandation de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en matière de qualité de l’air. A titre d’exemple, le Terrain de tennis Reims - Asnières, stade le plus pollué en 2023, a une concentration 4 fois supérieure à la recommandation de l’OMS sur le dioxyde d’azote (NO2) et près de 3 fois supérieure à la recommandation de l’OMS sur les particules fines PM2,5.
Par ailleurs, notre carte démontre que la majorité des terrains les plus pollués de la capitale se situent à proximité du périphérique et sont notamment beaucoup plus exposés au NO2 que les autres terrains de sport. Or, un tiers de l’ensemble des stades parisiens et de proche banlieue sont situés en bordure de périphérique.
Ce constat met en avant un réel problème sanitaire. En effet, du fait de l’augmentation de la fréquence respiratoire à l’effort, les sportifs inhalent 4 à 10 fois plus de polluants atmosphériques qu’au repos. Ainsi, les activités physiques pratiquées dans des lieux fortement exposés à la pollution de l’air diminuent la performance sportive et augmentent le risque d’événements cardiovasculaires et d’épisodes inflammatoires.
C’est pourquoi nous invitons les pouvoirs publics à agir dès maintenant et formulons 16 recommandations à l’attention des sportifs, des professionnels, des collectivités locales, de l’État et enfin de l’Europe pour améliorer la qualité de l’air aux abords des équipements sportifs et permettre à tout un chacun de pratiquer une activité physique dans un cadre sain et sécurisé, parmi lesquelles :
• Reporter le sport en plein air lors d’un pic de pollution ou privilégier les sports de faible intensité ;
• Cesser la construction d’équipements sportifs à proximité d’axes routiers majeurs ;
• Intégrer les particules fines PM2.5 dans la procédure d’information et d’alerte de la pollution de l’air ;
• Fermer les équipements sportifs de plein air lors des pics de pollution ;
• Adapter les horaires des séances d’éducation physique et sportive dans les écoles, collèges et lycées de manière à éviter les pics de trafic le matin et en fin de journée.
Il est encore temps d’inverser la tendance et adopter de nouvelles règles plus protectrices pour la santé. ■
https://carte-pollution-terrains-sport-respire.respire-asso.org