Confronté à un contexte géostratégique marqué par la remise en cause de tout ordre international, les stratégies de puissance de la Chine ou de la Russie, la persistance des risques terroristes, le spectre d’un désengagement américain du continent ou encore la multiplication des menaces hybrides, chacun d’entre nous a conscience de l’importance de la mission de nos armées pour protéger nos concitoyens et préserver les intérêts de la France. Après des décennies de sous-investissements, l’impulsion donnée dès 2017 a permis de nous hisser à la hauteur des enjeux : le réinvestissement assumé a engagé la réparation d’un modèle d’armée abimé par vingt-cinq ans de « dividendes de la paix », accéléré la modernisation des capacités de nos forces et amélioré la vie de nos militaires. L’Assemblée nationale, dans son rôle de législateur, a pleinement pris part à ces travaux, notamment lors du vote de la Loi de programmation militaire 2024-2030 dont j’ai eu l’honneur d’être le rapporteur. Nous avons consenti des moyens importants afin de garantir à la France son autonomie d’analyse, de décision et d’action pour lui permettre de conserver son statut de puissance d’équilibres et d’entrainement, apte à tenir un rôle de Nation-cadre.
Les enjeux qui caractérisent le monde dans lequel nous évoluons ont été, sont et seront analysés par la représentation nationale, non seulement dans le cadre du travail réalisé en continu par la commission mais également à l’occasion des débats en hémicycle. En ce début de nouvelle législature, la tâche qui incombe désormais à la commission de la défense, dont j’assume avec humilité et détermination la présidence, est de faire preuve de responsabilité, de rigueur et de lucidité afin de poursuivre le travail déjà engagé en faveur de notre défense nationale et pour l’intérêt général.
C’est dans un esprit d’écoute, de dialogue et de co-construction que je souhaite animer les travaux qui seront les nôtres. Ma carrière dans les forces spéciales et mon engagement politique m’ont appris que les plus belles réussites sont les victoires collectives. Je considère que cette commission doit prendre son entière et juste place au sein des débats parlementaires et incarner un collectif fort, soudé et rayonnant qui soit pleinement utile à notre pays.
En pratique, afin d’impulser cette dynamique, je souhaite organiser nos travaux en quatre volets complémentaires. Premièrement, en privilégiant le « concret », par exemple par la simplification des normes pour redonner du souffle à nos armées ou en se saisissant pour avis de textes examinés au fond par d’autres commission afin de garantir la prise en compte des exigences de défense globale. Deuxièmement, en agissant pour nos territoires : cela passe par un renforcement des liens avec tous les acteurs locaux (élus, réseaux économiques, tissus associatifs etc.) pour créer des synergies, être à l’écoute du terrain, s’enrichir des initiatives locales et valoriser les savoir-faire liés à la défense dans toutes les circonscriptions. Troisièmement, en travaillant avec les parlementaires des autres commissions mais aussi nos homologues du Sénat ou du Parlement européen car les affaires de défense exigent, plus que d’autres, d’œuvrer « en équipe France ». Et enfin, en faisant vivre l’esprit de défense au sein de la communauté nationale, en s’adressant à chaque citoyen, comme au sein des communautés de destins plus larges que sont l’Union européenne et l’Alliance atlantique.
Les combats à venir, pour notre défense nationale, sont nombreux. A nous, représentants de la Nation, de savoir nous unir et d’être collectivement à la hauteur des enjeux. ■