“C’est beaucoup plus juste d’aller prendre dans la poche des délinquants plutôt que de réduire les prestations des personnes en difficulté” assume sans coup férir le député LR de l’Isère Yannick Neuder venu présenter sa proposition de résolution visant à prendre en compte les revenus perçus illégalement des trafiquants de drogue dans le calcul des allocations familiales. Il y voit même là « une forme de justice sociale ».
Aujourd’hui le trafic de drogue est une véritable économie souterraine dont le chiffre d’affaires est estimé à plus de 3 milliards d’euros et fait vivre au bas mot 240 000 personnes directement ou indirectement (21 000 personnes y travaillent à plein temps). Or, le gouvernement a dû mal à endiguer ce fléau qui pourrit la vie de centaines de milliers d’honnêtes gens qui ont parfois du mal à joindre les deux bouts. Plus difficile encore est de voir ces trafiquants vivre grassement de ce commerce illicite tout en bénéficiant des aides sociales. « Il faut s’attaquer à ceux qui font de l’argent avec la drogue et profitent du système » s’emporte le député qui entend généraliser une initiative de la CAF de l’Isère et du parquet de Grenoble. Ce partenariat lancé en 2020 permet à la CAF de recalculer, réduire, voire suspendre les allocations familiales aux personnes condamnées pour trafic de stupéfiants. « Lorsqu’une personnes est condamnée pour trafic de drogue, le parquet transmet à la CAF les détails du jugement, y compris les revenus illégaux perçus grâce à ces activités criminelles » détaille Yannick Neuder. Grâce à ces informations, la CAF peut réévaluer les revenus et ajuster les prestations des mis en cause. Depuis l’introduction de ce dispositif, 55 trafiquants ont été signalés à la caisse des allocations familiales de l’Isère. « Inspiré par l’expérience réussie en Isère, je suis déterminé à faire avancer cette mesure au niveau national ! » s’enflamme le député qui suggère au gouvernement, via sa proposition de résolution, de s’emparer du dispositif et de le généraliser à l’ensemble du territoire. Le député propose de commencer par une expérimentation avant sa généralisation. ■