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Rendons le boulevard périphérique aux Franciliens

Par Vincent Jeanbrun, Député de la 7ème circonscription du Val-de-Marne

Inauguré en 1973, le boulevard périphérique ceinturant intégralement la ville de Paris a été pensé et construit pour faciliter la circulation des Français et des Franciliens devant contourner la capitale ou y entrer. Avec ses 35 kilomètres de voies rapides, connecté à 22 communes limitrophes de Paris, le boulevard périphérique est aujourd’hui la route la plus empruntée en Europe avec plus d’un 1 100 000 véhicules l’utilisant chaque jour.

La récente réduction de la vitesse sur le boulevard périphérique à 50 km/h, décidée unilatéralement par la Mairie de Paris, suscite de nombreuses critiques. Prise sans étude d’impact, cette mesure est perçue comme socialement injuste, écologiquement inefficace et économiquement coûteuse.

Face à cette décision d’Anne Hidalgo, il est donc urgent de défendre les Franciliens qui en sont les premières victimes !

D’une part, il convient de préciser que cette mesure nie toutes les consultations qui ont été menées par la Région Île-de-France et la Mairie de Paris. Plus de 80 % des personnes consultées rejettent à chaque fois le projet de transformation du périphérique.

Comment ne pas voir l’injustice d’une telle mesure ? Qui en subira les conséquences ? Ceux qui vivent et travaillent en dehors des limites du périphérique, ces milliers de Franciliens qui ne peuvent faire autrement que traverser ou contourner Paris chaque jour. Alors que la vitesse moyenne sur le périphérique est déjà de 36 km/h en journée, les vrais perdants de cette décision seront les travailleurs qui roulent la nuit, tôt le matin ou tard le soir. Ceux-là mêmes qui font tourner l’économie francilienne. Cette réduction de vitesse frappe injustement et en priorité ceux qui ne peuvent échapper à la route.

L’argument écologique ? Un argument fallacieux. David Belliard, adjoint au maire en charge des transports à la Mairie de Paris, vient de reconnaître très récemment que la baisse de la vitesse sur le périphérique n’aurait aucun impact sur la qualité de l’air.

Alors comment faire pour lutter véritablement contre la pollution sonore ? Des solutions existent, comme l’installation d’enrobés phoniques, proposée par la Région Île-de-France et Valérie Pécresse, ou bien comme un meilleur entretien de la chaussée. Mais au lieu de cela, ceux qui n’ont d’autre choix que d’utiliser leur voiture sosnt une fois de plus punis.

D’autre part, rappelons que le périphérique est un axe d’intérêt régional. Plus de 40 % des trajets sont effectués de banlieue à banlieue et près de 80 % des utilisateurs du périphérique ne sont pas parisiens. Il est donc temps de rendre le boulevard périphérique aux Franciliens.

Pour ce faire, il est impératif de transférer la compétence du boulevard périphérique à Île-de-France Mobilités, l’Autorité Organisatrice des Mobilités en Île-de-France regroupant la Région, les 7 départements franciliens et la Ville de Paris.

Une gouvernance régionale unifiée est nécessaire pour répondre de manière équilibrée aux enjeux sociaux et environnementaux actuels et pour adapter cette infrastructure aux réalités économiques et sociales de l’Île-de-France

C’est pourquoi j’ai déposé, avec une vingtaine de collègues députés, une proposition de loi pour que la gestion, l’entretien, l’aménagement et les pouvoirs de police de la circulation et du stationnement du boulevard périphérique soient transférés à l’établissement public Île-de-France Mobilités, dans le respect des prérogatives de l’autorité administrative compétente de l’État. 

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