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États-Unis : les Républicains tout puissants

Après la Maison-Blanche, le Sénat et une majorité assurée à la Chambre des représentants, les Républicains vont avoir les mains libres pour appliquer le programme choc du président-élu Donald Trump.

“C’est un magnifique matin à Washington, un nouveau jour en Amérique” s’est réjoui Mike Johnson, speaker Républicain de la Chambre des représentants et fidèle soutien de Donald Trump à l’annonce du 218ème siège obtenu par son parti à la Chambre des représentants le 14 novembre dernier après la victoire de Juan Ciscomani dans l’Arizona. Une victoire assurée, même si le décompte des voix dans les tous derniers districts n’était pas encore totalement achevé. Pour les Républicains, c’est le carton plein. Après l’élection de Donald Trump, le Sénat déjà républicain et maintenant la chambre des représentants, le Grand Old party a tous les leviers du pouvoir entre ses mains pour appliquer son programme. Sans compter que la Cour suprême, plus haute instance judiciaire des Etats-Unis, compte dans ses rangs six juges nommés par des présidents républicains, notamment par Donald Trump lui-même.

Depuis 1992, les présidents-élus (non sortants) avaient avec eux les deux chambres du Congrès, comme ce fut déjà le cas pour Donald Trump en 2016.

Mike Johnson qui devrait être réélu à la tête de la Chambre des représentants a assuré que ses troupes ne referaient pas les mêmes erreurs qu’en 2016 – les Républicains avaient été accusés d’amateurisme – et qu’ils seraient « prêts dès le premier jour » pour appliquer le programme du président-élu. Un programme rappelé en quelques mots par un autre élu républicain du Congrès, Steve Scalise : « abaisser les coûts de l’alimentation, abaisser les coûts de l’énergie, sécuriser la frontière, faire bouger l’économie pour que les familles qui avaient du mal puissent se remettre en selle ». C’est aussi, selon Mike Johnson lutter contre « le wokisme et l’idéologie radicale du genre ». « Nous allons faire flotter au-dessus (du Capitole) la bannière de l’America first (l’Amérique d’abord) » s’est-il ensuite enflammé.

Les électeurs américains étaient appelés, le 5 novembre dernier, à voter non seulement dans le cadre de l’élection présidentielle mais aussi pour élire de nouveaux membres du Congrès. Le Parlement des Etats-Unis est composé de la chambre des représentants et du Sénat qui représentent le pouvoir législatif et votent les lois fédérales. Le Sénat a aussi un pouvoir de nomination ou de destitution de personnages-clés de l’exécutif, et de confirmation des magistrats fédéraux. Le pouvoir exécutif est entre les mains du président et le pouvoir judiciaire, de la cour suprême.

Pour autant la majorité à la chambre des représentants est courte. Elle vient aussi d’être amputée de trois membres dont les sièges seront à renouveler : l’élue de New-York Élise Stefanik, a été promue ambassadrice à l’ONU, Michael Waltz (Floride) est le nouveau conseiller à la Sécurité nationale et Matt Gaetz (Floride) prend la tête du ministère de la Justice. Mais il ne devrait pas y avoir de surprise et ces sièges devraient rester républicains.

Le futur speaker devra aussi composer avec la frange dure des Républicains et une plus modérée pouvant à tout moment faire basculer un vote. Mike Johnson devra user de diplomatie.

Pour les démocrates, les lendemains sont difficiles : ils cherchent tant bien que mal à se rassurer comme ils peuvent en mettant notamment en avant l’élection de Sarah McBride du Delaware, la première personne transgenre au Congrès. « Les républicains ont une très courte majorité. C’est sans précédent dans une élection présidentielle présentée comme un raz-de-marée » tente de se rassurer dans un communiqué Hakeem Jeffries, le chef de file des démocrates à la Chambre. Face à la déprime qui gagne les troupes, les démocrates ont mis en place trois séances « d’écoute » pour leur permettre de s’exprimer et faire part de leurs émotions. Une séance de calinothérapie en somme. 

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