“En 2023, le recul du nombre de lits en état d’accueillir des patients se poursuit (-1,3 %, après -1,8 % en 2022 et -1,4 % en 2021) et reste plus rapide qu’avant la crise sanitaire (-0,9 % par an en moyenne entre 2013 et 2019)” indique la note sur la capacité d’accueil hospitalière en 2023 publiée par la Drees fin octobre.
On comptabilisait fin 2023 dans les 2 962 établissements de santé qui composent le paysage hospitalier français - 1 329 hôpitaux publics, 656 établissements privés à but non lucratif et 977 cliniques privées -, 369 423 lits d’hospitalisation complète, soit une baisse de 1,3 % par rapport à 2022. Cela représente près de 4900 lits d’hospitalisation complète (avec une nuitée à l’hôpital) en moins. Si cette baisse est moins forte qu’en 2022 (-1,8 %) et en 2021 (-1,4 %), elle reste cependant plus forte qu’avant la crise covid. En moyenne, sur la période 2013-2019, les hôpitaux perdaient 0,9 % de lits par an. Depuis fin 2013, la baisse cumulée atteint 43 500 lits d’hospitalisation complète (- 10,5 % en dix ans).
Cette diminution s’explique en partie par la réorganisation de l’offre de soins hospitaliers qui fait suite « au virage ambulatoire » pris par les autorités et opéré au début des années 2010. Elle trouve aussi son explication dans la pénurie de personnels qui ne « permet pas de maintenir des lits » estime la Drees. Ce que tend à confirmer les chiffres de la Fédération hospitalière de France qui estime que 99 % des établissements publics sont confrontés à des difficultés liées au manque de personnel en 2022 (en 2022 6,6 % des postes d’infirmiers étaient non pourvus).
Cette baisse du nombre de lits en hospitalisation complète est compensée par une hausse de la capacité de l’hospitalisation partielle (sans nuitée) et de l’hospitalisation à domicile. Entre fin 2013 et fin 2023, le nombre de places en hospitalisation partielle a augmenté de 31 % (+20 900 places créées en dix ans). Et entre 2022 et 2023, après avoir connu une forte hausse en période covid pour désengorger les établissements de santé débordés (+12,9 % en 2020), l’hospitalisation à domicile a pour sa part augmenté de 4,1 % en 2023 après +1,6 % en 2022. Fin 2023, 24 100 patients peuvent ainsi être pris en charge simultanément en HAD sur le territoire français, contre 18 900 avant la crise sanitaire. L’hospitalisation à domicile représente désormais 7,7 % des capacités totales de prise en charge en hospitalisation complète en court et moyen séjour (hors psychiatrie) contre 2,1 % en 2006.
Quant aux capacités d’accueil en réanimation, elles diminuent de nouveau mais restent supérieures de 3,2 % à leur niveau de fin 2019. Après une nette augmentation en 2020 (+3,6 %) en réaction à la crise sanitaire, le nombre de lits de soins critiques poursuit son reflux (-1,0 %) En particulier, la capacité d’accueil en réanimation diminue de 1,7 % en 2023, mais reste supérieure de 3,2 % à ce qu’elle était fin 2019. ■
Interdiction de tomber malade
La maire PS de Decize dans la Nièvre a choisi l’humour pour dénoncer la situation alarmante des urgences dans la Nièvre.
Le 8 octobre dernier, la maire de cette commune d’environ 5500 habitants a pris un arrêté municipal interdisant « de tomber malade sur son territoire », « sous peine de ne recevoir aucune prise en charge médicale en raison de la fermeture répétée des services d’urgence ». « Toute tentative de maladie sera considérée comme une infraction à cet arrêté » détaille l’arrêté signé de Justine Guyot. Une façon d’alerter sur la situation des urgences dans la Nièvre qui doit faire face à une sous dotation des services d’urgence (4 services pour plus de 200 000 habitants). La Nièvre ne compte que 68 médecins pour 100 000 habitants contre une moyenne de 121 en France. 20 % des patients n’ont pas de médecin traitant. En janvier 2023 a même été mis en place un « pont aérien » emmenant des médecins de Dijon à l’hôpital de Nevers au moins une fois par semaine. Depuis une vingtaine de municipalités ont pris le même arrêté.