Quels sont les défis à relever pour les prochaines années ?
Les prochaines années seront riches en projets et en innovations. Quelques exemples d’actions issues de notre plan stratégique :
• Structuration d’une stratégie Unicancer de la data : consolider notre rôle de leader de la recherche sur les données de santé en cancérologie, en portant des programmes phares et en signant des partenariats stratégiques ;
• Révision de notre convention collective et gros travail sur l’attractivité des CLCC ;
• Montée en puissance de projets européens et des collaborations internationales portées par la fédération et l’expertise des CLCC.
La prise en charge des patients est l’une de vos priorités. Comment s’articule-t-elle au sein de votre réseau ?
Depuis leur création par l’ordonnance du 1er octobre 1945, les Centres de lutte contre le cancer exercent une activité 100 % publique, sans dépassement d’honoraire. L’ambition du réseau est de faire bénéficier les patients des innovations diagnostiques et thérapeutiques le plus rapidement possible en s’appuyant sur toutes les disciplines impliquées dans la prise en charge du cancer.
IIs défendent un modèle humaniste et agile, qui se traduit à travers une gouvernance médicalisée (avec un DG médecin suppléé par un directeur d’hôpital adjoint), une forte expertise, une taille humaine synonyme de réactivité ainsi qu’une triple activité soins, recherche et enseignement.
Fondé sur l’excellence, les CLCC proposent également une prise en charge globale, pluridisciplinaire et innovante des patients.
Unicancer encourage enfin l’implication des patients à toutes les étapes de leurs parcours, du dépistage jusqu’au suivi après traitement, dans le renforcement des déclarations d’événements indésirables et dans la production des indicateurs de suivi de la sécurité des soins. Autant de caractéristiques, qui placent la France parmi les pays les plus performants dans la lutte contre le cancer.
Autre grande priorité, la recherche et l’innovation. Qu’en est-il aujourd’hui de la recherche sur le cancer ? Quelles sont vos préconisations pour faire avancer la recherche en France ?
Notre époque est marquée par une forte accélération de la recherche contre le cancer, via des outils diagnostiques et de classification des maladies tels que la biologie moléculaire ou la caractérisation immunologique.
Dans un contexte où 45 % des essais industriels initiés sur le territoire national en 2020 concernent le cancer et où la France participe à 15 % des essais mondiaux en oncologie, nous devons soutenir la dynamique de recherche en cancérologie, en particulier pour les phases précoces (I et II) des essais cliniques. Il s’agit notamment de rebâtir le modèle des hôpitaux universitaires modernes pour faciliter l’activité de recherche hospitalo-universitaire des centres experts comme les CLCC. Le réseau Unicancer salue à ce titre la création de l’AIS ainsi que les actions menées dans le cadre du plan France 2030 (IHU, Paris Saclay cancer cluster). Il est force de propositions pour que le cadre réglementaire de la recherche clinique puisse s’adapter à l’accélération des innovations, en développant par exemple de nouvelles méthodologies d’essais cliniques s’appuyant sur les bras synthétiques et les jumeaux numériques.
L’accélération numérique et l’intelligence artificielle vont également permettre de préciser de plus en plus les diagnostics et d’individualiser les traitements.
Les discussions autour du PLFSS 2025 sont en cours. Quelles sont les attentes de la fédération Unicancer sur ce texte ?
Notre priorité numéro 1 est qu’il rétablisse une équité de traitement entre les établissements de santé relevant du service public, dont font partie les CLCC. En effet, le financement obtenu par les Centres de lutte contre le cancer représente 45 % de celui de la fonction publique hospitalière, et un différentiel de tarifs de l’ordre de 2 %, perdurera en 2025. Cette absence d’équité est problématique dans un contexte où nous travaillons fortement, dans le cadre de notre branche professionnelle, pour fidéliser les professionnels notamment médicaux et soignants en leur proposant des parcours professionnels motivants et ouverts sur les évolutions médicales, sociales et technologiques.
Notre 2ème priorité est d’obtenir une vision sur la réforme du système de santé et de son financement à travers une loi de programmation pluriannuelle pour apporter aux acteurs de santé la visibilité nécessaire pour continuer à investir, innover, favoriser des modes de régulation axés sur la qualité et la pertinence des soins.
Enfin, Unicancer plaide cette année enfin pour réformer le financement de la radiothérapie, une spécialité médicale de traitement du cancer, pour que le financement permette d’encourager les techniques innovantes qui améliorent significativement la prise en charge des patients. ■