En ce mois de janvier, alors que les médias parlaient à longueur de journée du « dry january » (mois de janvier sans alcool), le député de l’Aude annonçait avoir déposé une proposition de loi visant à assouplir les dispositions de la loi Évin sur la publicité du vin. Si en 2015 déjà, une révision de la loi avait autorisé la promotion de l’œnotourisme ou de la gastronomie d’une région viticole, cette avancée n’est pas suffisante aux yeux de ce viticulteur de formation qui dénonce l’amalgame savamment orchestré entre vin et alcoolisme tout en passant sous silence toutes les autres consommations d’alcool, « en particulier les alcools forts et aromatisés, peu qualitatifs, destinés à un public plus jeune, ayant plus de mal à maîtriser leur alcoolémie ».
Constatant également avec d’autres, une dépréciation des jeunes pour le vin, et une recrudescence des alcools forts dans les cas d’« alcoolisation ponctuelle importante » chez les jeunes, voire chez les mineurs, le député note que la loi Évin « n’a pas eu les résultats bénéfiques sur les consommations à risque qu’elle souhaitait combattre ». Au contraire, « en réduisant la visibilité du vin plutôt que de promouvoir une consommation raisonnée et responsable, elle a favorisé par sa censure le choix des jeunes de se tourner vers des alcools plus forts ». Fort de ces constats, Christophe Barthès veut aller encore un peu plus loin dans l’assouplissement de la loi Evin. « Plus précisément, ma proposition tient en trois points, détaille l’élu. Le premier, faire retirer les campagnes publicitaires hostiles au vin. Autrement dit, tout ce qui fait croire que consommer raisonnablement du vin est mauvais pour la santé. Ensuite, qu’une enquête soit menée chaque année pour distinguer les décès liés aux alcools forts d’un côté et au vin de l’autre. Et enfin, permettre à nouveau la publicité sur le vin dans les enceintes sportives ». L’interdiction de la publicité des boissons alcoolisées et des cigarettes dans les infrastructures sportives inscrite dans la loi est reconnue aujourd’hui comme un frein au développement économique des clubs sportifs insiste le député RN. En 2020, un rapport du Sénat plaidait déjà pour un assouplissement de la loi Évin pour aider le secteur sportif tandis qu’un autre de 2017 estimait que l’assouplissement de cette loi « ferait gagner aux clubs professionnels entre 30 et 50 millions d’euros par an ». Pour Christophe Barthès, il est clair que « les dispositions de la loi Évin de 1991 ne sont plus adaptées à la conjoncture actuelle » d’où cette proposition de loi dont le sujet est « transpartisan ». « Tout le monde peut la signer, je l’ai envoyée à tous sauf à LFI. Peut-être que certains n’osent pas la signer pour des raisons politiques, mais je vois mal des élus de territoires viticoles, qui sont nombreux, ne pas voter cette proposition » ajoute-t-il sans grand espoir pourtant. « Il est primordial d’être fier des vins français, et d’en faire une grande cause nationale pour préserver notre viticulture qui fait partie du patrimoine culturel, gastronomique et paysager, protégé de la France » conclut-il. ■