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Impôt et/ou crédit d’impôt : les chiens aux abois

Faut-il taxer les propriétaires de chiens comme cela se fait en Allemagne ou faut-il accorder aux propriétaires d’animaux domestiques un crédit d’impôt comme l’a récemment suggéré le député LFI Aymeric Caron ?

En Allemagne, l’impôt payé par les propriétaires de nos amis les chiens a rapporté aux finances des municipalités concernées pas moins de 420 millions d’euros. Alors qu’en France le gouvernement cherche par tous les moyens à faire rentrer de l’argent dans les caisses, cet impôt supplémentaire pourrait être une solution.

Comment fonctionne le modèle allemand ? Les propriétaires de chiens ont l’obligation de déclarer leur animal à la municipalité – une omission entraîne le risque d’une amende qui peut s’élever à plusieurs milliers d’euros - et de payer un impôt qui varie selon la race de l’animal, le nombre et la ville de résidence. Attention : un chien dangereux coûte plus cher. Sont exemptés ou bénéficient de réductions les chiens de thérapie, de garde et de chasse, les chiens d’assistance ou encore les chiens élevés à des fins commerciales.

En France, contrairement à ce que l’on peut imaginer, l’idée de taxer les chiens n’est pas nouvelle. Un impôt sur les chiens a même existé entre 1855 et 1971 (avec des exemptions pour les chiens de travail comme les chiens d’aveugle ou de berger). La taxe rapportait 600 000 francs à l’époque (711 000 euros). Son rendement baissant et au regard des difficultés pour la récupérer, elle a été finalement supprimée. L’idée de la relancer s’est posée avant d’être repoussée. Pourtant les 10 millions de chiens en France pourrait être une manne financière non négligeable.

A l’opposé d’une taxation, le député LFI Aymeric Caron a plutôt pensé à une exonération. L’élu de Paris a déposé un amendement dans le budget 2025 visant à « alléger le coût de la prise en charge des animaux pour les foyers et les refuges ». Pour Aymeric Caron, les propriétaires d’animaux domestiques dépensent trop d’argent en nourriture et en soins, en moyenne 900 euros par an. D’où son idée d’un crédit d’impôt de 30 euros par mois et par animal. Il a aussi proposé de réduire à 5,5 % la TVA sur les divers produits d’hygiène, vétérinaires ou encore alimentaires.

Un amendement qui a soulevé une bronca sur les bancs de l’Assemblée. Avec cette proposition, « on a atteint le pompon de la pomponette » s’est enflammé le député Centriste Erwan Balanant. « On aime tous nos animaux. Mais voyons, enfin, 6 milliards en plus par une réduction d’impôt seulement pour les gens qui sont les plus riches, je pense que vous avez perdu la tête » s’est-il agacé. Amendement rejeté. 

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