La consommation mondiale de charbon est en hausse en 2023. En cause, la forte croissance de la demande d’électricité. En dépit de sa responsabilité dans le réchauffement climatique, le charbon est toujours plus utilisé et sa consommation devrait rester stable cette année et en 2025 souligne le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
En 2023, la consommation mondiale de charbon a augmenté de 2,6 % « pour atteindre un niveau record », tirée par une forte croissance en Chine et en Inde, les deux plus gros consommateurs de charbon au monde souligne le rapport de l’AIE sur le charbon publié fin juillet. « Si la demande de charbon a augmenté dans les secteurs de l’électricité et de l’industrie, le principal facteur a été l’utilisation du charbon pour combler le vide créé par la faible production hydroélectrique et la demande d’électricité en hausse rapide » précise encore l’agence.
Dans le rapport, la Chine est particulièrement pointée du doigt. Elle représente plus de la moitié de la consommation mondiale de charbon. Sans compter qu’une nouvelle augmentation annuelle majeure de la demande d’électricité en Chine, prévue à 6,5 % en 2024, « rend peu probable une baisse de la consommation de charbon du pays ». En Inde, le recours au charbon a « fortement augmenté » en raison de la faible production hydroélectrique, d’une augmentation massive de la demande d’électricité due aux vagues de chaleur extrêmes et à la forte croissance économique.
A contrario, en Europe, la baisse de la demande de charbon, amorcée à la fin des années 2000 va se poursuivre. En 2023, la production d’électricité à partir du charbon dans l’Union européenne a déjà chuté de plus de 25 %. Une tendance qui devrait être du même ordre cette année encore se félicite l’AIE. La consommation de charbon a également fortement diminué aux États-Unis ces dernières années, « mais une demande d’électricité plus forte et un passage moins fréquent du charbon au gaz naturel menacent de ralentir cette tendance en 2024 ». Le Japon et la Corée continuent de réduire leur dépendance au charbon, bien qu’à un rythme plus lent que l’Europe.
« Notre analyse montre que la demande mondiale de charbon devrait rester globalement stable jusqu’en 2025, compte tenu des paramètres politiques actuels et des tendances du marché » estime Keisuke Sadamori, directeur des marchés énergétiques et de la sécurité à l’AIE. « Le déploiement rapide et continu de l’énergie solaire et éolienne, combiné à la reprise de l’hydroélectricité en Chine, exerce une pression considérable sur l’utilisation du charbon. Mais le secteur de l’électricité est le principal moteur de la demande mondiale de charbon, et la consommation d’électricité augmente très fortement dans plusieurs grandes économies. Sans une croissance aussi rapide de la demande d’électricité, nous assisterions à une baisse de la consommation mondiale de charbon cette année. Et les tendances structurelles à l’œuvre signifient que la demande mondiale de charbon est sur le point d’atteindre un point de retournement et de commencer à baisser bientôt » a-t-il conclu.
Le rapport de l’AIE a été publié alors même que des records de température ont été établis en 2023 et 2024, avec un mois de juin le plus chaud jamais mesuré depuis le début des relevés en 1940 ; et le lundi 22 juillet a été la journée la plus chaude enregistrée selon le réseau européen Copernicus. ■