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Cancers du sein : améliorer la prise en charge

Par Cathy Apourceau-Poly, Sénatrice (communiste), Rapporteure du texte

Sept-cent mille Françaises font en ce moment face au cancer du sein ou y ont été confrontées ces dernières années. Entre 1300 et 2500 euros de reste à charge pour les soins périphériques au traitement du cancer (perruques, pommades, soins de suite et de réadaptation). 1 femme sur 8 est concernée au cours de sa vie.

Je tiens donc tout d’abord à saluer la campagne d’Octobre Rose qui permet de mettre en avant, avec notamment le ruban rose, le cancer du sein, ses conséquences et souffrances. Cela permet chaque année de ne pas oublier ces combattantes et combattants. Ma première pensée va aux patients et à leur sécurisation juridique afin de faciliter leurs conditions de vie.

Une évolution notable !

Nous avons adopté au Sénat, à l’unanimité, la proposition de loi déjà adoptée par l’Assemblée nationale au printemps. En tant que rapporteure de la Commission des Affaires Sociales, j’ai eu la responsabilité de piloter cette PPL et de conduire les arbitrages politiques visant à garantir la prise en charge intégrale des soins liés au traitement du cancer du sein.

Il s’agissait initialement d’une prise en charge intégrale des soins et dispositifs prescrits incluant notamment les soins de support, les prothèses capillaires, et le renouvellement des prothèse mammaires. In fine, du fait des arbitrages de la majorité sénatoriale, le texte ne prévoit plus qu’une participation forfaitaire à ces soins.

Mais au-delà de ces considérations, il s’agit d’une véritable évolution dans le monde de la santé et une profonde prise en considération des personnes atteintes du cancer du sein : mais également une avancée remarquable pour le Droit des femmes !

Des chiffres difficiles mais réalistes

En 2023, le cancer du sein représente un tiers des nouveaux cas de cancer diagnostiqués chez la femme. Cette même année, plus de 700 000 femmes avaient ou avaient eu au cours de leur vie un diagnostic du cancer du sein. Nous avions un besoin urgent d’intervenir !

La situation est critique pour le cancer du sein puisque plus des trois quarts des patients et patientes sont exposées à un reste à charge, plus que pour tout autre type de cancer.

Voici quelques exemples afin de comprendre la réalité de la maladie.

Les prothèses externes en textiles non adhérentes dans les deux mois suivant l’opération sont au prix limite de vente de 25 euros. Pour les prothèses externes en silicone, ces dernières peuvent aller de 180 euros à 240 euros. Les prothèses capillaires sont classées selon leur composition. Elles peuvent aller de 350 euros à 700 euros selon la qualité. L’intégralité du coût des sous-vêtements est donc à la charge des acquéreuses entre 70 euros et 90 euros pour chaque sous-vêtements.

Une double peine : les charges financières et la maladie

Si cette maladie touche de nombreuses femmes, ces dernières ne sont pas sur le même pied d’égalité face aux moyens financiers : si on est tous égaux face à la maladie, nous ne sommes pas égaux face aux moyens financiers.

Cette proposition de loi a donc une finalité de justice face à la maladie, justice sociale, mais justice tout court aussi quand une indépendante, une commerçante peut tout perdre du jour au lendemain.

Il existe le dispositif des affections de longue durée qui prévoit une prise en charge intégrale de la sécurité sociale dans la limite de la base de remboursement. Néanmoins, les patients atteints du cancer du sein subissent des restes à charge particulièrement importants, qui constituent une forme de double peine. La charge financière sera comprise par l’assurance maladie entre 1 300 et 2 500 euros.

Le Sénat accompagne les patients et informe les médecins

J’ai souhaité que le Sénat devienne un acteur important dans la vie des femmes atteintes du cancer du sein, afin de réfléchir aux problèmes majeurs que représente le cout des soins nécessaires à leur guérison et leurs conditions de vie.

Il est vital que cette loi, votée, je le répète, par tous les bancs de la Haute Assemblée, soit partagée afin que ces patientes ne se sentent plus seules, mais accompagnées. Les hôpitaux et médecins doivent prendre en considération cette loi proclamée et avertir leurs patients qu’il existe désormais des aides.

Les assurances doivent également respecter les termes de la loi et accompagner les patients pour une meilleure prise en charge du cancer du sein. 

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