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La résurrection du texte fin de vie ?

Olivier Falorni (App. MoDem, Charente-Maritime) veut voir l’Assemblée débattre à nouveau et sans tarder du texte sur la fin de vie.

Sans perdre une minute, dès sa réélection en juillet dernier, le député apparenté MoDem de Charente-Maritime Olivier Falorni a pris l’initiative de déposer une nouvelle proposition de loi sur la fin de vie. On se souvient que le précédent texte présenté par le gouvernement avait été arrêté en pleine discussion législative, comme d’autres propositions et projets de loi, par la dissolution impromptue décidée par le Chef de l’Etat. Olivier Falorni, fervent défenseur d’un texte fin de vie, qui en était le rapporteur général a donc décidé de reprendre son combat mais en repartant d’une page blanche. Il souhaite reprendre « intégralement le texte amendé et voté par les députés de la commission spéciale le 18 mai, ainsi que tous les amendements adoptés en séance avant l’interruption définitive des débats ». Le texte tel que le voit Olivier Falorni pourrait alors ouvrir beaucoup plus largement l’euthanasie aux personnes en faisant la demande et revenir sur plusieurs garde-fous posés par le gouvernement précédent.

Olivier Falorni a réuni sur son texte « de progrès et d’humanité », qu’il veut transpartisan de nombreux députés comme la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet, François Hollande, Élisabeth Borne ou Mathilde Panot. « C’est un texte qui est attendu par les Français et donc je souhaite qu’il soit réexaminé à l’Assemblée nationale avant la fin de l’année. Nous sommes prêts, le texte est prêt et donc il faut y aller » a ainsi déclaré Yaël Braun-Pivet. « Mon sentiment, ma connaissance de beaucoup de collègues, font que je suis convaincu qu’il y a clairement une majorité à l’Assemblée nationale » a pour sa part jugé un Olivier Falorni confiant. Trop confiant peut être. Au gouvernement, les ministres de Michel Barnier ne sont pas tous favorables à ce texte. On pense évidemment au ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau mais aussi à des ministres macronistes comme Astrid Panosyan-Bouvet (Travail) très réticents à un tel texte ou se posant encore beaucoup de questions. Estimant ce texte « attendu par beaucoup de Français et aussi de façon aussi transpartisane par beaucoup de parlementaires », la ministre des relations avec le Parlement, Nathalie Delattre (Parti radical) a déclaré « espérer que c’est un texte qu’on reverra ». Quant à la nouvelle ministre de la santé, Geneviève Darrieussecq semble vouloir temporiser reconnaissant toutefois que les parlementaires « doivent terminer le travail » et qu’elle en parlerait avec le Premier ministre. Comme députée, elle estimait à l’époque que l’aide à mourir ne devait pas être considérée comme un soin. Lors de son discours de politique générale, le Premier ministre a simplement déclaré vouloir « reprendre le dialogue avec vous [Les députés], avec le Sénat, les soignants et les associations, en début d’année prochaine sur le projet de loi dont l’examen a été interrompu par la dissolution ». Michel Barnier a déclarté en parallèle, que « sans attendre », les « efforts en faveur du développement des soins palliatifs seront renforcés dès 2025 »

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